samedi 7 août 2010

J-1, Warm Up : Grosses conditions !

2 heures de vol aujourd'hui entre thermiques forts et confluence. Au décollage, on nous préviens qu'une activité militaire nous contraindra à rester sous les 3200m... Certains rigolent en regardant les premiers fusibles poser dans des conditions qui peinent à s'installer. Je décolle un peu plus tard en compagnie de la majorité des Français. Charles nous a donné comme plan de vol une exploration de la ligne de crête en allant vers le SE. J'ai chargé les balises la veille, ce qui me permet de me fixer un parcours le long de la crête avec comme poinbt de contournement un autre décollage à 20km au SE. Le but que je me fixe est d'explorer la masse d'air, en allant vers cette balise, puis d'élargir en plaine pour simuler une rentrée au goal depuis assez loin (15km).

Le début du vol est surprenant, la masse d'air est turbulente, les thermiques semblent hachés par des rafales d'Est encore bien perceptible à tous les étages. Sorti à mi-hauteur (le déco est à 1150m et les nuages semblent 2000m plus haut), je me dirige au SE vers de beaux nuages de confluence. Sur mon chemin, je croise un thermique comme rarement j'en ai croisés... Un +6 qui m'emmène la voile de tous les côtés. Je parviens à la garder ouverte, même si j'entends souvent le tissu froisser. Par contre, je suis tellement malmené que je n'arrive pas à me motiver pour tenter une mise en virage ! Je file tout droit (enfin, plutôt comme un papillon...) en direction de la conflu, espérant que les thermiques seront plus francs plus loin.

Bingo, la conflu est excellente même si elle reste bien turbulente. Je sorts une première fois à 2900, encore loin des nuages... Puis une autre zone me monte à nouveau comme une balle, j'oblique à 90° quand j'arrive à 3100m, mais j'ai beau m'éloigner, çà monte encore ! A 3250, je descends enfin... (d'autres qui n'ont pas eu l'info, sont montés jusqu'à 3700, voire 3900 !).

J'avance en essayant de me placer au mieux sur le côté SO de la ligne de nuages, mais un coup je me fais descendre à 2600 en 2 minutes, soit c'est la catapulte vers les nuages... difficile d'optimiser, mais çà reste faisable de naviguer entre 2800 et 3000 en étant très attentif.

Balise B02 tournée dans des dégueulantes à -3, puis virage à droite vers la plaine, histoire de se placer progressivement pour simuler la rentrée au goal. A 15km du goal et 1800m, soit 1000m de hauteur par rapport qu goal et 15 de finesse requise, je tente la rentrée. La brise de OSO est bien présente en bas et les thermiques omniprésents me rendent joueur.

Mauvaise surprise, l'Est est présent même bas ! Du coup la finesse requise ne baisse pas franchement, avec même des passages où elle remonte très vite ! Je me retrouve à 1500m (c'est déjà bas ici !). Je croise un thermique assez fort et je décide de l'enrouler (tant pis pour mon test de rentrée au goal). De retour en moins de 2mn à 1800m, je reprends mon glide. Mais l'est est encore plus présent ! Je décide de pousser franchement le barreau pour la première fois de ce vol turbulent. J'arrive à afficher entre 40 et 50km/h de vitesse/sol. Puis en descendant dans les basses couches, je me retrouve enfin franchement dans la brise, mais pas bien haut au dessus des jolis villages Portugais... La fin du glide est extrêmement porteur et je passe la ligne à 1000m, soit 200m de gras.

L'approche est encore une histoire, car çà monte des briques aux alentours de l'attero. Je dois m'y prendre à 3 fois pour parvenir à me présenter en vent arrière à une hauteur qui permette de ne pas se faire "re-catapulter". Attero nickel bien qu'un peu tendu dans la tête.

Il paraît que ces conditions sont exceptionnelles ici. Demain nous devrions avoir qqchose de semblable, mais avec un risque d'orage. On croise les doigts !
Par contre, les jours suivants s'annoncent stables et ventés... A SUIVRE !

vendredi 6 août 2010

Back to competition !

Ttraduction approximative : "Mon dos est de retour à la compète !"

Bref retour sur la fin en queue de poisson de la PWC grèque :
Fin de la troisième manche, après deux points bas à 20m/sol, je me retrouve parmis les "survivants" des conditions anémiques du jour, de nouveau très bas.
Déjà fatigué par les deux points bas précédents et un besoin naturel qui commence à devenir pressant, je me concentre à l'extrême sur mes sensations de vol pour m'accrocher à une petite bulle qui glisse doucement au pied de la montagne et qui pourrait finir par s'arracher du sol.
Je fais ainsi 20 tours avec un rendement légèrement négatif, ce qui me fait passer progressivement de 50m/sol à 30m/s. Dans le 21è tour, j'élargis un peu pour tenter de relocaliser ma bulle qui m'échappe... et je la perd totalement ainsi que 10 mètre supplémentaires qui me mettent à 20m/s !!!
Là mon regard se tourne enfin vers le sol et je découvre que l'espace est réduit... du fait de mes 20m d'altitude... Attero "panique" entre deux haies et deux lignes, qui se termine par un décro assymétrique à 3m/sol.
Bilan : Fracture/tassement de L2, stable et non neurologique.

6 semaines de convalescence plus tard, me revoici avec un dos quasi neuf et une grosse envie de voler.
La remise en question a été profonde, les causes de l'accident sont analysées et digérées. La version courte : surmotivation et fatigue de fin de manche qui réduisent la prise d'infos.

J'ai réglé un problème basique mais important, les besoins naturels : dorénavant, penilex systématique !
Les objectifs sont revus, avec 3 mots choisis pour cette étape portugaise :

Sécurité
Plaisir
Entrainement

Nous sommes arrivés hier soir à Linhares, au NE du Portugal, après 1500km de route. La majorité des Français est au camping gratuit près du PC. Confort spartiate mais WIFI et un peu d'ombre !
L'accueil portugais est excellent et le PC est situé dans un bel hôtel avec piscine, à laquelle nous avons aussi accès :-)

Auourd'hui le vent qui a soufflé fort toute la nuit, nous empêche de voler. Peut-être un petit vol ce soir ou demain si le vent baisse comme prévu. Le site est petit, avec du vol qui s'annonce principalement en plaine. L'extraction sera un des aléas possibles, car le vent peut jouer les troubles fête, voire la brise de mer possible dès le début d'après-midi.
Richard Gallon, prévoyant, a pris son kite ! A quand une coupe du monde avec de bonnes conditions ? Ah oui, il y a eu Chelan !

A demain pour le warm up

vendredi 25 juin 2010

Manche 3 "cheminator" : manque un chouïa de réussite

A quelques minutes de monter au déco pour une nouvelle manche, cette fois dans des conditions supposées bonnes, quelques mots sur la manche d'hier.

Dès le start, nous comprenons qu'il s'agira encore d'une manche de survie, étant données l'ombre et la faiblesse des thermiques. Après une bonne demi-heure de travail, je fais tout de même partie des mieux placés au moment du start, un modèle du genre avec 1/2 tour de thermique dans le cylindre et l'autre 1/2 tour à l'extérieur.

Le rythme est faible, tout le monde ayant tiré les leçons de la manche de la veille. Le nouveau règlement qui supprime les manches jockers dites "discards" pousse aussi les pilotes à plus de conservatisme : comme toutes les manches comptent pour le classement général, il ne faut pas se rater...

Après une première balise à l'est et en plaine, deux options se dessinent, le retour plus sûr par la montagne ou le chemin plus direct par la plaine. J'hésite un instant, mais la meute préfère le relief et je me ralie sans trop de regrêt à ce choix raisonable.

Ensuite, raccrochage des thermiques anémiques des pentes sud, qui finissent pour certains en vraies colonnes à +1m/s. Un petit groupe de pilotes se détache incluant JeanJean, Steph Drouin et quelques autres. Je suis avec Luc 50m plus bas. A notre niveau, la force de l'ascendance est un peu plus faible, mais nous permet tout de même de faire quasi le même plaf.

Un coup d'oeil aux attaquants de la plaine nous rassure, car le reste du parcours nous semble plus favorable avec de meilleurs appuis dynamiques et de plus beaux nuages. En revanche, la luminosité est meilleure en plaine et la veille, nous avons pu survivre loin du relief dans une instabilité résiduelle qui semble persister malgré de longues périodes d'ombre. Difficile d'évaluer l'inertie thermique...
Cette capacité d'analyse météo est sans aucun doute un point à travailler pour moi, à mettre sur le compte de mon manque d'expérience du vol solitaire et de ma relativement faible expérience du vol (j'ai passé la veille ma 750ème heure de vol depuis mes débuts en parapente, à comparer avec les 2000 voire 3000h de la plupart des prétendants aux première places...)

A ce point de la course, je commets la première véritable erreur de ma course, qui s'avèrera fatale : je cherche à rejoindre le groupe de JeanJean en n'optimisant pas tout à fait les petites zones ascendantes croisées sur ma route. Je suis sans doute 5km/h trop rapide pour arriver à la bonne altitude au raccrochage du décollage.
En effet, en même temps que je tente ce recollage, un nuage se forme juste sous le décollage (sans doute une entrée maritime). Les premiers arrivent juste au dessus de ce nuage et semblent surfer le nuage. Moi, 50m plus bas, je me retrouve sous le vent de ce nuage, incapable de "mettre le pied dessus".

C'est fini, il ne reste plus qu'une solution, passer sous ce nuage en poussant le plus possible sur l'accélérateur. Ensuite avancer en soaring sous le déco pour tenter d'avance vers la dernière balise. Luc me rejoint après un scénario similaire qui le force à contourner le nuage d'entrée maritime. Nous nous retrouvons dans une masse d'air humide, contrés par 15km/h de brise marine... finesse pour Luc qui sent l'annulation, petite temporisation inutile pour moi dans un "zéro" qui me décale à l'opposé de la balise, en compagnie de Max JeanPierre et Charles. Manche Stoppée pour cause de pluie.

Pour l'épilogue, le groupe qui raccroche au dessus du nuage maritime grâce à 50m de mieux en altitude, finira avec 10km de mieux au moment de l'annulation :-(

Aujourd'hui, je suspecte une course plus classique, thermique-transition, cheminements, McCready... çà devrait limiter les mauvais plans, mais resserer les écarts... Promis je ferai de mon mieux, avec toujours les mêmes objectifs : rester en contrôle^(çà c'est bon), mais avec un accent sur l'analyse aéro et les petits détails de placement qui m'ont coûtés ces deux première manches.

MIEUX OBSERVER POUR MIEUX DECIDER !

jeudi 24 juin 2010

Manche 2 "gladiator" : pas survécu à la débâcle.

Petit post du matin sur la manche d'hier.

Seuls 12 pilotes ont atteint le but, dont Jérémie qui gagne sa première manche de Coupe du Monde, et Luc qui finit 3ème pour sa première participation. Pas mal !

De mon côté, je suis partagé entre la déception d'avoir posé à la dernière balise et la satisfaction relative d'avoir bien identifié le type de vol adapté aux conditions anémiques et de l'avoir concrêtisé en terme de tactique et de pilotage.

Au final, il faut relativiser, car de nombreux pilotes sont tombés et je me suis bien battu pendant 3 heures pour parcourir 30km dûrement gagnés. Mes râres souvenirs de vols aussi lents remontent au Brésil en 2008, voire en B à mes débuts.

A propos de souvenirs, hier j'ai inscrit ma 750ème heure de vol à mon carnet de vol. Là aussi il faut relativiser, j'ai encore de l'expérience à prendre et des progrès à faire ! C'est même une des raisons qui me poussent à venir en Coupe du Monde.

En bref, ne pas se tromper d'objectif : progresser, voler à son niveau, et continuer sur les moyens tactiques prévus, en particulier voler haut êt en groupe pour respecter mon schémas fort.

Nous montons pour une manche en conditions probablement encore marginales, si le vent de nord de cette nuit, encore fort ce matin, veut bien nous laisser jouer !

A ce soir ou demain matin pour de nouvelles infos.

lundi 21 juin 2010

J2 : Probablement une première manche

On monte ! Les bus se remplissent en même temps que j'écris ces lignes. Direction le décollage, sous un ciel prometteur.
Objectif, rester au chaud dans les grappes, ne pas se mettre en danger tactiquement, capitaliser...
Moyens : alimentation, hydratation, protection contre le soleil... ce qui permettra d'être mentalement et physiquement présent. L'épaule ne me fait plus mal du tout, mais il faudra surveiller la douleur si la manche dure un peu.
Presque tout le monde est en R10, les différences se feront sur les pilotes, ce qui donne de l'intérêt à la course.
Et puis vous pouvez nous suivre en direct avec le "live-tracking" sur GoogleEarth, dont vous trouverez le lien sur http://www.paraglidingworldcup.org/
A tout à l'heure pour le débriefing :-)

samedi 19 juin 2010

J-1 : Entrainement

Kalimera !

Les Français sont arriévs à Drama hier pour la plupart, sous de beaux orages de chaleur.
Ce matin le ciel s'est éclairci et nous allons monter au déco pour faire une petite manche d'entrainement.
Le site est sympa, relief bien arrondis, mais secs, donnants de beaux thermiques, tout comme la plaine, cette dernière étant généralement balayée par la brise de mer à partir de 16h.
Il faudra donc soigner les fins de manches si celles-ci se déroulent loin du relief... et en particulier ne pas surestimer la finesse pour le plané final.

Pour moi, l'objectif est clair : voler sans s'exposer, ni tactiquement ni physiquement et ainsi capitaliser de la confiance pour la suite de la saison. Mon épaule ne me fait pas mal du tout, reste à voir sur les manches longues, que nous auront probablement dans la semaine !  :-)

Ulrich Jessop me confirme que nous allons avoir des émetteurs en l'air, qui permettront de suivre la trace de tous les pilotes en direct sur internet ! A vos souris !!!

A demain pour la première manche de cette première étape européenne de la PWC !

samedi 12 juin 2010

Reprise !

Après un WE de compétition à l'Open du Lac d'Annecy qui s'est terminé par une 5ème place encourageante, je m'apprête à partir pour la Grêce.
En effet, la tournée européenne de la Coupe du Monde commence par Drama, petite ville du nord de la Grêce.


 La météo à cette période de l'année y est généralement optimale avec un soleil et des thermiques généreux ainsi qu'une masse d'air probablement soumise à la brise de mer, cette dernière n'étatn qu'à 40km. Nous aurons probablement de belles manches et il faudra gérer l'effort sur une semaine entière, avec sans doute peu de jours "off".

Je pars avec l'objectif de confirmer mes bonnes sensations récentes d'après-luxation de mon épaule, tout en privilégiant les choix raisonnables autant en l'air qu'au sol, la gestion des phases de récupération étant potentiellement décisive...

J'essaierai de vous tenir au courant sur ce blog, en fonction des possibilités de connexion internet.

dimanche 2 mai 2010

Point sur le classement mondial (WPRS)

Le classement WPRS est au parapente ce que le classement ATP est au tennis.
Il attribue des points aux pilotes en fonction de leurs résultats (évidement...) ainsi que du niveau des compétitions auxquelles ils participent, ces compétitions devant être inscrites au calendrier FAI (Fédération Aéronautique Internationale).
Pour chaque pilote, les 4 meilleurs compétitions FAI des 2 dernières années comptent.

Une grosse compétition peut rapporte jusqu'à plus de 100pts, mais ces points diminuent ensuite au fil des mois pour disparaitre du classement 2 ans après. Ainsi la victoire de Charles à la Superfinale du la Coupe du Monde 2009 lui vaut encore 111ps aujourd'hui, soit 7 mois plus tard.
Un titre de Champion de France vaut environ 80pts.
Un petit open peut faire 60pts (toujours en cas de victoire).

Ce classement est le nerf de la guerre pour tous les pilotes internationaux, car il conditionne souvent leur sélection en équipe nationale pour les événements majeurs que sont les Compétitions FAI1 (Championnats du Monde et Championnats Continentaux).
A noter que la Coupe du Monde ne fonctionne pas sur la base du WPRS. Elle possède son propre système de sélection, parralèle au WPRS.

En France, le classement WPRS sert également à l'attribution du Statut de Sportif de Haut Niveau (SHN). Pour les statuts SHN 2010, la barre était fixée à la 70ème place WPRS avec un "repêchage jusqu'à la 100ème place si le pilote se sélectionnait pour la SuperFinale de la Coupe du Monde.

J'ai eu l'idée de faire un petit tableau des 50 meilleurs Français au WPRS, sorte de "top 50" des Français. Voici donc le classement mondial des 50 meilleurs Français pour ce mois de mai 2010 :
On y voit l'entrée fracassante de Jonathan Marin, jeune pilote prometteur qui a réalisé une brillante 29ème place au récent Trophée Montegrappa. A noter que ce pilote ne possède que 2 compétitions internationnales à son actif sur 4 possibles (il peut donoc très facilement améliorer son classement en participant à 2 autres compétitions FAI dans les mois à venir).

On voit aussi la poursuite de l'ascension de Luc Armand qui figure désormais au 27ème rang mondial (et par le même coup au 6ème rang Français), grâce à sa magnifique première place au Trophée Montegrappa. Luc, sélectionné pour sa première compétition FAI1, les Championnats d'Europe, va sans doute poursuivre sur sa lancée... il va être dûr à rattraper !

Quand-à moi, je suis content de ma progression, due pour moi aussi à mon résultat au Trophée Montegrappa. Mon objectif cette année est d'entrer dans le top 30 mondial. 56ème la mois dernier, je grimpe de 17 places et figure ce mois-ci au 39ème rang mondial (et 10ème rang Français).

Il me faudra confirmer ce bon début de saison dans les mois à venir.

Pourquoi pas dès le classement de juillet, après la Coupe du Monde en Grèce ?

"May the best man win !"

mercredi 28 avril 2010

Avec une aile en moins, çà vole moins bien...

Petit récit de ma récente (més)aventure. J'attendais d'y voir plus clair pour poser çà par écrit.

Samedi 17 avril, première manche de la A de St Hilaire, décollage sud. Pendant que certains sont déjà au plaf et que le start ne va plus tarder, on nous annonce qu'un hélico va arriver pour aller chercher un pilote aux arbres.
Les conditions sont mauvaises depuis une bonne demi-heure, avec un petit vent arrière qui souffle sur nos nuques... certains réussissent à décoller, parfois après plusieurs tentatives infructueuses.
Je décide à mon tour de me positionner sur la cassure pour décoller. Un peu plus bas dans la pente, un pilote lutte pour dégager sa voile d'un épineux. Cà dure. Je finis par décider d'y aller malgré sa présence sur ma trajectoire de prise de vitesse, je gonflerai légèrement dissymétrique pour partir en diagonale.
Gonflage paresseux, la voile garde les oreilles, retournement dans la foulée et évitement du pilote dans les épineux, puis course en essayant de finir d'ouvrir la voile. Pas de prise en charge par manque de vitesse-air (léger vent ar, plus le poids des 33kg, plus l'ouverture incomplète de la voile).
Un regard sur la clôture en bas du déco, qui marque le début du replat herbeux. Pas sûr que je l'évite ! Enfin la voile me prend en charge du côté droit, qui vient probablement d'ouvrir enfin. Ressource avec roulis gauche, la clôture va passer.
Mais là surprise, la voile poursuit son roulis gauche tout en prenant plus de vitesse, une seconde après j'impacte semi-couché sur le côté gauche.
Je sens mon épaule se déboîter, puis se remboîter deux secondes plus tard. La douleur est vive, mais supportable.

J'ai conscience que je viens de me faire mal, mais comme la douleur est gérable, je décide de temporiser. Après quelques minutes, la douleur est redescendue suffisamment pour que je puisse me relever. Je remonte péniblement au déco, puis m'assieds au deuxième rang, espérant que la douleur baisse encore pour pouvoir tenter un nouveau déco.
La douleur est encore un peu plus gérable. Isabelle passe non-loin de là et je l'informe que je me suis fait mal à l'épaule et que j'ai besoin d'elle pour me préparer la voile. Elle comprends la situation et fait particulièrement attention à ma préparation.

Les conditions s'améliorent depuis 5 minutes. Isabelle étale ma voile, c'est face, je gonfle mais ne peux lever le bras gauche plus haut que l'horizontale. Heureusement la R10 poursuit sa montée seule et je n'ai qu'à me retourner en freinant, aïe ! l'épaule gauche ne veut pas volontiers bouger.
Déco réussi, ouf !
Maintenant, concentration sur la manche. Le start est déjà passé. Il faut monter pour aller faire une balise un peu devant en plaine. Premier thermique... aujourd'hui on enroule... à gauche !!!
Re-aïe !
A un moment où je suis seul, je change de sens. C'est encore plus douloureux ! En fait en virage à gauche, je peux afficher un niveau de frein et gérer l'aile extérieure avec la main droite. Alors qu'en virage à droite, impossible de piloter l'aile exérieure avec mon bras gauche qui a beaucoup de mal à remonter. Ce qui me cause le plus de soucis, ce sont les actions rapides comme "se mettre bras hauts", "calmer une attaque par un bref coup de frein, suivi de la remontée indispensable et rapide de la main".

J'écoute des pilotes annoncer en radio "niveau 1"... pour moi, c'est 2 bien tassé ! J'ai souvent peur de me prendre l'aile sur la gueule, car je sais que je n'aurai pas la vivacité pour agir correctement sur la demi-aile gauche. Un vrai handicapé !

Mais bon, le vol suit son cours. J'ai un peu d'énergie pour la tactique et je tire même un peu mon groupe d'attardé vers B2 et un peu après.
La suite du parcours nous emmène vers l'intérieur de la Chartreuse. Le groupe de tête est en train de sortir dans la classique combe du Manival. Je marsouine de thermiques en thermiques pour avancer le plus vite possible (sans oser toucher au barreau évidement).
A l'approche du Manival, il va falloir monter. C'est là que çà se gâte. Je marque mes limites techniques dans les bouts de thermiques hachés qui nous promènent sans bien nous monter. Je ne suis pas le seul à galérer, mais certains commencent à sortir à leur tour et je n'arrive pas à leur emboiter le pas. Je me retrouve comme un débutant qui n'arrive pas à enrouler.
Après peut-être un quart d'heure, je sors mon premier petit plein me permettant d'avancer vers le fond de la combe en rebondissant sur de meilleurs thermiques.
Je rejoins Steph Loisy. Dom Guenard n'est pas loin. Nous voyons le groupe de tête déjà de retour de la B3 du Charmantsom, qui raccroche la Dent de Crôlle plus haut que nous !

Je ne m'en rends pas compte tout de suite, mais cette vision me fait du mal. Je suis moins pertinent dans mes choix, je papillonne, je m'énerve, je commence à me parler à voix haute. La douleur, présente depuis le début, commence à m'obnubiler. Je tente de me raisonner en me disant que c'est une excuse pour abandonner, un peu comme quand on a envie de pisser... mais une autre voix apparait qui me dit que ce que je suis en train de faire ne sert à rien et que je ferais mieux d'économiser mon épaule et d'aller me poser.
Deux minutes d'hésitation, et je me dit que ce serait bête de risquer de se retrouver posé en Chartreuse avec mon épaule abimée. Abandon, direction le Grésivaudant.

Une fois en vallée, je me dis qu'il peut tout de même être intéressant de simuler une rentrée au goal en passant par la dernière balise située à 6km au sud du goal, car çà ne me paraît pas évident à estimer.
Je m'avance donc un peu en est de cette balise tout en modifiant ma route, pour me trouver dans une situation analogue à la rentrée que les meilleurs auront dans moins d'une heure si tout va bien pour eux.

Je fais quelques virages à 1km à l'est de la balise, puis je me décide à 9,3 de finesse. La branche de 1km vers l'ouest s'avère moyenne et je tourne la balise à 9,5... çà ne rentrera pas face au vent ! Cà serait con de poser hors terrain avec mon épaule en vrac... Je trouve un thermique 500m au nord de la balise, qui me remonte à 8 de finesse. Allez, je tente ! Et çà rentre car la fin sur les maisons est particulièrement porteuse.

Posé près de Jérôme qui gère la course de l'atterro, je lui demande de l'aide pour enlever mon speed-arm, car j'ai trop mal pour l'enlever moi-même.

La suite, vous la connaissez, Médipôle, radio, consult le mardi suivant avec un chirurgien, puis artho-scanner le lundi suivant (merci à Hubert Bigot, le médecin de l'Equipe de France, qui m'a trouvé le RDV) et enfin re-consultation avec le chirurgien hier, qui a finalement tranché :
- rupture partielle de la coiffe, mais pas d'opération, ouf!
- 45 jrs de cicatrisation avant la reprise
- 2 mois 1/2 de kiné
...et tout devrait rentrer dans l'ordre !

Prochaine compète si tout va bien : La A des Saisies le dernier WE de mai.
Prochaine "grosse compète" : la Coupe du Monde grèque, le 19 juin.

Je mettrai peut-être un post d'ici-là après mes premiers vols de reprise, que j'espère faire après la vague de mauvais temps annoncée pour la semaine prochaine.

dimanche 11 avril 2010

Victoire à la A de St André

Podium : 2ème Martin, 1er Yann, 3ème Alex
tous trois sous R10 et tous trois dans la même minute après 80km

Excellentes conditions ce samedi à St André, avec des plafs à 3000-3200m, peu de vent et des thermiques puissants et larges (+9 en instantané).

La manche de 80km nous emmène vers La Peine, qq km à l'ouest du Cheval Blanc, start à 10km. La B2 est le village d'Angles, au sud-est de St André. Puis B3 à Thoram Basse. B4 présente une difficulté, repasser au vent de Lambruisse pour nous rendre à St Lions, en direction de Barrême. B5 est à nouveau Angles, pour terminer les points temps à 1km de l'atterrissage, avec une ligne à 200m du goal.

Luc, remonté comme une horloge, s'échappe dès le 15ème km, mais sera repris à mi-parcours. Replacé dans le groupe de tête, il retentera une option par le bas à plus de 20km du goal. Une bonne ligne le remettra presque en position de gagner, mais une erreur de programmation de son gps lui fera mes-estimer le diamètre de la dernière balise (1km au lieu de 400m). Il tourne donc 600m trop tôt et passe la ligne juste devant, mais avec 1200m en moins au compteur. Dommage.

Quant-à moi, avec Luc au départ de son échappée, je n'y crois pas et me replace avec le groupe de chasse, en compagnie de Jean-Jean, Steph Drouin, Pierre Remy et quelques autres. J'assure mon placement en compagnie des autres et commence à m'activer seulement au retour de Thoram Basse, juste après que Luc nous quitte à nouveau par le bas, en compagnie de Pierre Remy.

Le reste du groupe de tête préfère eassembler ses forces dans un "sompeutueux" thermique qui nous met bien au dessus de nos deux malheureux échappés.
La fin de la manche arrive, un dernier thermique trouvé à l'ouest de Lambruisse nous place à 3200m à plus de 20km du goal. Luc et Pierre continuent leur chemin en dessous, mais nous sommes en finesse du goal. Les esprits s'échauffent. Martin pousse le barreau.
Il nous reste 3 branches. A cette altitude, nous sommes poussés par le nord en direction de St Lions... tant que nous restons hauts (donc pourquoi pousser maintenant !). Puis nous serons à coup sûr à nouveau poussés par l'ouest en descendant vers la dernière balise d'Angles... mais il restera la rentrés au goal face à un ouest sensé être plus fort en basse couche !

J'estime qu'il ne faut pas s'emballer. J'assure mon placement en observant Luc qui se replace magnifiquement dans une confluence au sud du Mouchon. J'ai mieux flotté que tous les autres et je vois Jean-Jean qui oblique à 90° à droite pour prendre la conflu de Luc. Il fait même quelques tours de thermique.
De mon point de vue, il est juste nécessaire de corriger le cap de 45° à droite pour contrôler Luc qui me semble à nouveau le mieux placé (chapeau à lui, car 5 minutes avant, il est 500m plus bas que tous les pilotes du groupe de tête).

La vitesse sol est enorme, environ 80km/h au premier barreau... çà annonce une rentrée au goal difficile face au vent !

Mais tout le monde s'enflamme, Luc compris (lui tourne la balise trop tôt, comme expliqué plus haut). Je claque la dernière balise d'Angles le plus haut et j'essaye maintenant de pousser autant que je peux face au vent... autant dire seulement au premier barreau (mi-course sur une R10.2), étant données les turbulences importantes. La vitesse-sol est faible, environ 30 à 35km/h, la finesse descend souvent à 3 (même avec une R10, on est peu de chose face au vent).

Mais plus bas, les autres semblent "scotchés"... Je reste concentré car une grosse fermeture, et les espoirs de bien finir s'envolent. Je passe la ligne juste derrière Luc et quasiment au dessus de Martin et Alex (en fait qq dizaines de secondes devant, mais étant à 1800m sur la ligne, impossible à estimer).

Redescente tranquile en savourant la bonne analyse et le calme que j'ai ressenti durant toute la manche, sans savoir à ce moment que Luc avait "grillé" la dernière balise.

Au final, ce vol confirme mes bonnes sensations de Bassano. L'état d'esprit est inchangé : ne pas surchauffer, accepter les moments de "moins bien", voler à sa main. Quand Luc s'est échappé, je me suuis juste dit : "bravo Luc, si tu gagnes, ce sera mérité. Il me restera la manche de dimanche". Pas de pression, c'est donc çà le secret ?

Dimanche, arrivée d'un front par le Sud-est, danger. Annulation sage par le DE.

A la semaine prochaine pour la A de St Hil !

samedi 3 avril 2010

2ème manche, Tout bon !

Petite video de l'arrivée au goal, on voit Luca en premier, puis c'est moi qui pose sur une grosse prise de vitesse. Après, c'est la meute qui arrive et le cameraman s'attarde sur les pilotes et leurs engins...

Bassano Meeting 2010 "Task2 finishing line" from Gigi on Vimeo.



Bon aujourd'hui, j'ai mieux volé. Hier c'était la voile qui m'avait sauvé sur la rentrée au goal. Aujourd'hui, quelques petites erreurs, mais j'ai bien volé dans l'ensemble. Pendant 35km, j'ai suivi le groupe de tête avec un peu de retard, mais rien de grave.
Photo depuis le plaf en début de manche, par Jonathan Marin

Sur la fin de manche, je me suis activé pour me hisser en haut de la grappe de tête. Puis sur cette lancée, je me suis échappé dans le sillage de Yassen. Le parcours se terminait par 20km en plaine.
Yassen n'est pas impressionné, il part devant malgré l'ombre... Je pense que çà ne passera pas. Du coup je reste au relief et continue à avancer un peu pour mieux préparer le départ en plaine (cf : image de ma trace Vs la trace de Luc, resté dans le gpe de tête).
Un peu isolé, j'attends que d'autres me rejoignent. Collé au plaf, je surveille le groupe "de tête" qui enroule 1km derrière. Les cadors sont tous dans ce groupe. Personne avec moi. Yassen est loin devant dans la plaine, mais je l'imagine en train de galèrer seul...
Le groupe décide de quitter le relief en diagonale vers la balise. Mieux placé, je n'ai qu'à partir en direction de la balise pour les rejoindre tranquilement... en haut de la grappe ! La R10 est vraiment perfo...
Ensuite, le groupe s'agglutine dans un thermique anémique. Survie collective, efficace ! Plus loin, le ciel se réouvre un peu et on trouve un +1. La balise est claquée, demi-tour, mais le vent de sud ne nous aide toujours pas sur cette branche. Il reste une balise de contournement à 11km à l'ouest, puis on sera poussés sur les 3 derniers km vers le goal (direction nord-est).
Konrad craque à son tour. Il quitte le groupe pour tenter un coup plus au nord, où une voile isolée semble bien monter. Cà sent le mauvais plan, car il s'isole... La suite prouvera que j'avais raison, il rentrera avec plusieurs minutes de retard. Quant-à Yassen, je ne le vois plus (pour cause, il est déjà posé à la balise que nous venons de tourner...
Commence la préparation du sprint final, comme en cyclisme. On s'applique dans le thermique, on s'observe. Certains commencent à accélérer de tps en tps comme pour simuler des départs. On surveille notre finesse requise et instantanée.
Luca Donini part le premier, à finesse 11 environ. C'est trop pour nous. On le laisse partir. Plus loin, je me décide à 9,3. Je mets le premier barreau et les autres ne m'emboitent pas le pas. Luca est devant et je le vois prendre une descendance... puis remonter à l'approche de la dernière balise. Je ne lâche pas mon premier barreau, sentant que çà passera. Balise claquée, demi-tour pour les 3 derniers km, légèrement poussé par le vent. Je pousse un peu le 2ème barreau, bien concentré car si je ferme, outre le risque de vrac, je pourrais bien aussi perdre de l'altitude et ne pas rentrer ! (plusieurs pilotes m'ont d'ailleur confié avoir fermé dans ce dernier glide).
Je rattrape un peu de temps sur Donini, mais il reste 34 secondes d'écart. 2ème, çà sera suffisant pour aujourd'hui.
Au général, je passe 2ème (Konrad et Yassen ont craqué). Luc termine 7ème de la manche et garde la tête à 34 points devant moi. Luca se rapproche, à 26 points derrière. A noter que 4 points seulement derrière Luca, il y a Johachim Oberhauser, un Italien sympa en R10. C'est lui qu'il faut encourager, si on veut un podium de R10 lundi ;-)

Pour finir, la trace de Luc (rouge) et la mienne (bleue), histoire de comprendre ce qui précède :

Bonne nuit
A demain

vendredi 2 avril 2010

2ème jour, Manche 1 : un bon début

Après la manche, c'est l'heure de charger les gps, les radios, les téléphones, voire les gants chauffants ;-)

Je vais être bref car il faut dormir...
Luc Gagne la manche devant Konrad en U5, Yassen 3ème et moi 4ème avec 949 pts (2 pts derrière le célèbre Bulgare).
Journée fufu, avec quelques varios instantanés à +9m/s malgré le petit voile de cirrus...
Plus de 70km de navigation au relief et un peu devant.
La R10 est vraiment top, même si je n'ai pas encore tout compris au thermique...
Il faut aussi que je me cale sur le plané, car j'ai frisé la correctionnelle sur la rentrée au goal.
Veiller aussi à bien prendre conscience de ses erreurs sans transiger avec soi-même, ccar la voile pardonne tellement par ses perfs qu'on risque de se mentir en se croyant plus fort qu'on n'est.
Le challenge pour demain : trouver un rythme de vol plus naturel, à mi-chemin entre celui du groupe et celui auquel la voile voudrait nous emmener.
A demain

jeudi 1 avril 2010

1ère manche annulée

Pour commencer, une petite video de mon déco d'aujourd'hui, sportif car dans les turbulences et avec 20km/h travers gauche, mai la voile ne bronche pas. J'en ai pourtant vu quelques-uns se faire brasser sous des protos de marques dont je tairai le nom...

Pas de manche aujourd'hui, les organisateurs se sont laissé influencer par un ciel très bouché ce matin. Du coup, certains en ont profité pour bricoler / farter leur ailes. Avec Luc, petit remplacement de drisses de freins pour des plus fines (je me passerai volontier des emerillons). Réglage aussi de l'accélérateur, un peu dissymétrique.

Et puis le ciel s'est un peu ouvert. Montée au déco pour un ultime vol d'essai. Les drisses de frein sont parfaites. l'accélérateur mérite encore de petits ajustements. Mais j'ai pu pousser le deuxième barreau (à moitié), pour atteindre 64km/h environ. A cette vitesse, la voile semble un peu moins stable. pas de fermeture à déplorer, mais on sent qu'il ne faut pas trop toucher aux freins. Le plané semble en revanche encore très bon. A confirmer lors des rentrées au goal à venir cette saison...

Demain, peut-être enfin une bonne journée avec selon MeteoBlue des plafs avoisinant 2000m et peu de vent. On va peut-être jouer en plaine !

A demain

mercredi 31 mars 2010

Journée d'entrainement, jeu dans la plaine

Aujourd'hui, malgré le déluge de la nuit, nous avons pu faire un petit vol d'entrainement d'une heure et demi.
Le jeu s'est rapidement orienté sur un bande de 6-7 km en avant du relief, afin de naviguer au large des gros nuages qui ont vite mis les reliefs dans l'ombre.
Le vent, assez présent, entre 10 et 15 km/h de SO au départ, puis S ensuite, ne nous a pas empêché de progresser entre des zones thermiques nombreuses et larges, matérialisées par de jolis cumulus.
En mileu de vol, l'arrivée d'un voile nous a contraints à obliquer vers le SE pour rester au soleil. Enfin, la masse nuageuse qui n'a pas quitté les reliefs s'est oscurcie rapidement, indiquant le surdéveloppement en cours et l'arrivée de la pluie. Retour forcé à l'attero.

Pour moi, confirmation de mes bonnes sensations sous la R10.
La confiance dans la voile est déjà là. Je ne la regarde presque plus jamais. Je pousse naturellement à 55km/h et le thermique devient plus naturel.
Durant tout le vol, j'ai eu la sensation de me promener entre les ascendances et les autres voiles. Pas d'autre R10 en l'air, mais des Icepeaks 3 dont celle de Marc "Mr Propre" que je trouvais excellente en 2009, des Edge dont celle de Mads (un proto ?), l'U4 de Jonathan et aussi l'Omega 2009 de Greg. A aucun moment je n'ai eu à m'inquiéter des autres. Seul de thermique demande un peu de travail pour s'appliquer à monter, mais je commence à mieux exploiter l'aile, qui peut monter mieux que ce que j'en tire.
J'ai croisé le proto Magus de Steph sur la fin, mais il fallait que j'aille me poser car la pluie menaçait.

Excellente impression de la voile, nettement au dessus des autres aujourd'hui.

Pour la compétition qui commence demain si le ciel veut bien à nouveau s'ouvrir pendant 2 heures au moins, ma stratégie découlera de l'avantage de performance : ne pas s'isoler, attendre les autres, contrôler la course. Avec cet outil, il est facile de se replacer tant qu'on garde les autres à portée. La différence se fera en fin de manche, sur le plané final.
C'est sur ce dernier point qu'il faudra être plus malin et partir un peu plus tôt que les autres voiles, probablement en compagnie des autres R10 !

Luc arrive ce soir. Il paraît qu'il y aura quelques Italiens et quelques Autrichiens en R10. Cà s'annonce passionnant !

A demain

mardi 30 mars 2010

Arrivée à Bassano... sous la pluie !

Cà y est, nous sommes arrivés à Borso del Grappa, petite ville au pied du Montegrappa.
Malheureusement, la pluie est arrivée aussi, et pas qu'un peu...
On guettera l'éclaircie demain au cas où, pour un petit entrainement avant la première manche prévue pour jeudi.
A demain !

vendredi 26 mars 2010

Premier essai de la R10.2

Hello !

Non je ne vous parlerai pas du stage de début de saison qui vient d'avoir lieu à Font Romeu, Laurie l'a très bien fait avant moi : http://bip-bip.over-blog.com/article-y-47335552-comments.html#anchorComment

Non non, je vais plutôt vous parler de ma nouvelle R10, essayée à Gourdon il y a une semaine.

Premier vol de prise en main le vendredi 12. Conditions humides, déco dans la classique casquette.
Gonflage puissant et tendance à l'attaque oblique si on n'est pas symétrique, ce qui oblige à une grande vigilance. Après quelques essais dans des conditions il est vrai turbulentes, je commence à comprendre le côté "monobloc" et çà devient presque facile en comparaison d'une R09 qui manquerait de cohésion en comparaison...
Une fois en charge, la voile est encore plus simple, grâce à sa solidité tout de suite perceptible. Déco dans les nuages, tout de suite en 3.6 dans un trou pour garder un oeil sur le sol au dessus du plateau sous le déco. Ensuite glissade vers le village au plaf... donc à 100m/sol ! Impression de solidité confirmée dans les premières turbulences au raccrochage de Kennedy.
Premiers thermiques, un peu déroutants au début : la voile est rapide et filtre plus qu'une R09, un peu de mal à centrer pdt quelques minutes. Puis çà vient. En fait, il faut passer le cap psychologique de la 2 lignes ! Après on s'aperçoit qu'elle est réellement maniable !
Une heure de vol à enrouler des thermiques pas trop forts et à jouer devant au barreau. L'accélération est plus franche qu'une R09, on avoisine les 55 au 1er... pas osé pousser le 2ème !

Pilotage aux B, GENIAL !!!! On sent qu'on pilote l'incidence de façon très pûre, plus que sur une 3 lignes. Cà devient naturel, même bras hauts, pour absorber les turbulences (je regarde quand même bcp l'aile, plus pour me rassurer qu'autre chose).
Je me surprends à ne toucher aux freins (que je garde en dragone au cas où) qu'une fois placé dans le thermique, et ce aux B !!!

Deuxième vol le dimanche, dans un ciel plus prometteur. Cette fois, Luc est en l'air avec un vieux proto moins stable, Nico Bernard a pris la 3 lignes et David s'est laissé tenter et se met en l'air sous la bbhpp. On va pouvoir faire des comparatifs !!!

Début de vol un peu lent, avec une sortie difficile au dessus du déco. Je regarde David avec sa bbhpp, qui semble se faire un peu tarter... La suite du vol confirmera cette impression : les R10 sont bcp plus faciles que la bbhpp, aucun doute (surtout quand on connait le niveau de pilotage d'un David Dagault !).

Du coup, une fois extraits mais pas très haut, le groupe s'oriente vers Courmette. Première transition au premier barreau, qui tourne légèrement en faveur des 2 R10.2, légèrement devant les 2 autres (bbhpp et R10.3).
Ensuite, on file à St Jeannet. Nico nous rattrape et nous revenons face à un petit SO (pas d'instruments car j'essayais la taille M et j'avais enlevé tout ce qui était superflu, donc je ne sais pas la force du vent, peut-être 10km/h ?). Toujours est-il que çà m'a sermblé très facile d'avancer face au vent avec cette voile à la fois rapide, solide, perfo et donnant de bonnes infos sur les thermiques, pour peu qu'on décode son langage "monobloc".
David prend un avantage tactique en se replaçant en haut de Courmette avant de transiter vers Gourdon, ce qui lui permet d'attaquer directement Cavillore, suivi de près par Luc qui est passé par devant avec moi. Parti un peu plus bas, je suis trop bas à Cavillore et dois me rabattre sur le village puis les faces est de Kennedy pour les rejoindre avec 5mn de retard sur le Déco de Gourdon. Nico est en retard et décide d'aller poser.
Les plafonds sont meilleurs et les deux furieux partent au plaf vers le nord, en direcion de Gréolières.
Je les suis à 1 minute et les rejoins à Cipières grâce à un bon thermique trouvé à quelques centaines de mètres d'eux. Je suis en tête à Gréolières et arrivé au sommet du cheyron, j'attaque la crête vers l'est (histoire de faire mon lapin crétin Nord Alpin... comme si on allait refaire le grand tour par derrière Courmette).
David et Luc décident de repartir au sud. Il semble qu'ils aient l'intention de rentrer. Je reviens dons un peu sur mes pas et enquille la même transition au dessus des gorges du Loup.

Et là c'est le ponpon ! Si Luc la joue classique en obliquant à gauche pour taper les faces nord-ouest sous le vent de Courmette, David file sur le trait vers le village, pile au dessus des gorges !
Et çà marche ! Il fait 2 tours dans un petit thermique peu rentable en milieu de vallée. Luc le rejoins de la gauche... et arrive au même niveau en ayant fait son détour !!! (preuve de la meilleure finesse de la R10).
J'arrive juste après et ne fais qu'on tour car la brise nous repousse trop en arrière.
Ensuite, le raccrochage se fait assez facilement (tout droit !!!) directement au pied de Cavillore pour les 3 voiles : phénoménal ! J'étais tout de même content de ne pas être sous la bbhpp dans les turbulences du SO qui nous contrait et finalement assez serein sous la R10 après seulement 4h de vol dont 2h30 ce jour là...

Une fois au sol, David me dira qu'il avait réussi cette transition une fois par miracle dans le passé, mais que c'est maintenant classique avec la bbhpp ou les R10... Il ajoute "c'est une nouvelle transition".

En conclusion, la R10 est une voile essssssssssssssssstraordinaire !!!

Prochain billet en direct du Trophé Montegrappa qui commence jeudi prochain.
J'en connais qui vont l'avoir toute dure... la voile ;-)

samedi 27 février 2010

Entraînement Catalan annulé pour cause de mauvaise météo

Prochain rendez-vous, le Montegrappa Trophy début avril.

D'ici-là, essai à venir de ma R10... je vous mettrai ici mes premières impressions du gun en vol.

mardi 23 février 2010

Entraînement du Pôle France à Ager, du 28 février au 5 mars

En ces temps de disette thermique, le Pôle s'apprête à migrer au sud.
Pour la semaine d'entraînement de début de saison, la destination choisie est Ager en Catalogne, histoire de se réchauffer les plumes...


Pour vous faire une idée du type de vol là-bas, voici une petite vidéo de la Coupe du Monde 2007 qui avait fait escale du côté du "Montsec":
http://www.youtube.com/watch?v=2OeMRJNrq0g

Petit compte-rendu à venir...

samedi 13 février 2010

Les deux meilleures ailes 2010 sont disponibles, les Ozone Mantra R10 et R10.2


Allez faire un petit tour sur le site d'Ozone, vous allez baver

Moi j'ai commandé la mienne, une R10.2 en taille L.
D'après les comparatifs effectués par Ozone, ce planeur en tissus m'offrira 1,8 pts de finesse de mieux que ma R09 à 55km/h, le régime de vol où nous transitons le plus souvent en compétition.

Tout celà grâce à la diminution de la trainée obtenue par les avancées de structure amenées par l'esprit brillant de Luc Armand.
Moins de trainée, donc meilleur taux de chute, donc meilleure finesse.

Mais avec une excellente maniabilité, çà veut aussi dire aux faibles vitesses :
- meilleure capacité à se maintenir dans des conditions très faibles
- meilleure montée dans de petits thermiques
- meilleure capacité à avancer sans enrouler dans de petites conflus ou en cheminement

En d'autres termes, nos vitesses de transition vont augmenter, nos capacités à la survie en faibles conditions von s'améliorées... et nos terrains de jeu vont s'aggrandir.

Quel pied !

C'est considérable. Cà fait rêver... et ce rêve va devenir réalité !

lundi 11 janvier 2010

Vol Rando à Verel, paysages hivernaux

Petite rando cet après-midi, pour monter de Mery au déco de Verel.
Objectif : entrainement foncier d'avant-saison, tout en profitant de paysages extraordinaires !
Le vol n'est qu'une excuse mais permet d'éviter la descente à pied...
Quelques images pour le plaisir :


jeudi 7 janvier 2010

Bilan 2009, objectifs 2010

Mise à jour de mon calendrier 2010 :
Pour 2010, j'ai envie de vous souhaîter de beaux vols, en compétition ou non, et que la magie de ce sport pas comme les autres continue de vous habiter.
Aux non-volants, j'ai envie de vous dire : Mais qu'est-ce que vous faites sur ce blog ????? ;-)

Pour moi 2009 a été l'année de la maturation.
Fin 2008, j'avais commencé à sentir une évolution dans ma manière d'envisager la compétition. J'espérais secrètement que celà se traduirait dès l'année suivante par des résultats probants. 2009 m'a montré que le chemin était plus long que prévu !

Ma saison 2009 peut se découper en deux parties :
- Un printemps florissant, des Pré-Européens à la PWC d'Annecy.
- Un été décevant, des Championnats de France à la Superfinale, en passant par la PWC Croate.

Au niveau des chiffres, du bon, voire très bon :
- Les premiers résultats aux Pré-Européens (36è) et à la PWC Turque (34è) sont au niveau de 2008, mais avec plus de régularité.
- La PWC d'Annecy marque le moment fort de la saison. Je termine 8ème, c'est mon meilleur résultat depuis que j'ai commencé la Coupe du Monde en 2008.

...et du moins bon voire du médiocre :
- Des Championnats de France ratés, sur fond de soucis personnels qui m'ont obligé à quitter la compétition avant la fin.
- Dans le prolongement de cette méforme, le souffle ne revient ni en Croatie (68è), ni à la Superfinale, gâchée par une manche stoppée qui donne l'avantage à une quarantaine de pilotes et laisse les autres sans espoir de résultat. Je termine à une 55è place qui me laisse un goût d'inachevé pour 2009...

Mais la maturité vient, je le sens, à la fois dans ma façon de voler cette année, mais bien sûr dans ma vie en général (on vole à l'image de ce que l'on est...).
- Les progrès techniques sont nécessaires, bien sûr, comme sur la montée en thermique où je reste souvent fébrile, surtout dans le petit et surtout quand je suis bas... travail au Banchet à prévoir !
- Au niveau tactique, j'ai encore des soucis avec les changements de rythme, qui révèlent ma difficulté à modifier rapidement mon niveau d'activation / excitation.
- Mais mon mental est plus fort, une forme de détachement mêlé de ténacité. Un signe qui ne trompe pas, c'est le silence intérieur que je ressens durant mes manches. Pendant parfois plusieurs heures que durent ces vols de compétition, il m'arrive de rester parfaitement silencieux. Si je lâche quelques mots, ce peut être après un mauvais passage, pour me relancer, jamais pour me blâmer ou souligner un mauvais choix.

J'en viens donc aux objectifs 2010.
Avec une nouvelle voile, la R10, qui devrait être au rendez-vous côté perf, j'envisage sereinement ma saison à venir.

Mes objectifs généraux sont qualitatifs.
Poursuivre sur la lancée du printemps 2009, avec trois mots pour 2010 :
sérénité, tenacité, opportunisme.
Les résultats devraient suivre, mais cette fois je vise la durée et la régularité sur l'ensemble de la saison, l'objectif de la sélection pour la Superfinale n'étant plus central (démotivation en 2009 après la sélection à Annecy).
Je me suis constitué un projet de planning sportif, partagé entre la PWC et le circuit Français.
Côté Coupe de France, j'aimerais confirmer mes bonnes saisons 2007 et 2008 et effacer mon mauvais classement de 2009, que je considère comme un accident de parcours.
Les Championnats de France ne m'ont pas encore souri, ni à St Hil en 2007, ni à St André en 2008, ni encore moins l'année dernière au Val-Louron. Je pense que ces Championnats nationaux doivent être considérés à part dans une carrière sportive. Une compétition longue, sans droit à l'erreur, durant laquelle il s'agit de se comparer entre Français, c'est une étape à part entière dans la maturaion d'un sportif.
Je n'ai pas encore le niveau pour les Championnats FAI, c'est l'évidence. Il me reste une étape pour çelà : atteindre la régularité à haut niveau, qui passe par la capacité à produire une performance de haut niveau sur une durée d'une semaine. Jusqu'à présent, je ne suis capable de produire ce niveau (900 en PWC, 950 en France) que sur 3 manches d'affilée, 4 grand maximum !

En 2010, j'ai prévu 6 compétitions de grande durée, 6 occasions d'atteindre cet objectif de Régularité à Haut Niveau :
voilà mon challenge pour 2010 !

Je terminerai par ces mots de notre Président :
"Vive la République, Vive le Parapente !"

samedi 11 juillet 2009

PWC Buzet, J-1

Nous sommes bien arrives a Buzet.
Pas d'accents sur les claviers croates, en touts cas pas les bons ;-)

Nous n'avons pas pu voler aujourd'hui, a cause de la Bura, sorte de Mistral local, puis de sur-developpements pas tres engageants.
Demain le vent devrait tomber encore un peu et nous pourrions alors avoir notre premiere manche croate.
Un apercu de la region depuis le sommet local (1400m) ainsi que le briefing de Didier, nous laissent a penser que ce site est tres technique, avec des systemes de brises de mer varies et une predominance du vent meteo, le tout donnant des confluences par endroits, mais avec aussi des gros coups de mou a prevoir... mefiat !

Il faudra, encore plus que d'habitude, rester extremement vigilant durant tout le vol, les changements de rythmes pouvant etre tres marques, mais les options toujours possibles en jouant sur l'utilisation des fameuses confluances.
Du thermique faible, des conflus fortes... ca promet des ecarts importants !

A demain pour une premiere manche tres attendue.

mardi 23 juin 2009

Chammpionnats de France, Val Louron, Manche 2

Aujourd'hui, grosse manche avec un choix tactique dès la 3ème balise, le col d'Aspin, célèbre pour le vélo et décisif pour nous aujourd'hui.
Jusque là je contrôle la manche, toujours bien placé en haut des thermiques et optimisant mes transitions (le petit vario solario prêté par Julien Dauphin remplit bien son office, merci Julien).
Au retour vers l'Arbison, un groupe de 4 pilotes décide de transiter en direction de la vallée du Louron. Avec Jean-Marc, nous poursuivons un peu sur la crête, mais un deuxième wagon plus important part à son tour vers Val Louron... plus de choix possible, il ne faut pas laisser tous les cadors s'échapper car s'ils sortent, ils gagneront la manche !
Pendant la transition, tout le monde doit se dire la même chose : à quel point sommes-nous en train de nous suicider collectivement ?
En fait, la suite est effectivement hard, car nous nous retrouvons dans un goulet avec presque aucun appui dynamique et des thermiques laminés par 25km/h de brise...
30mn et une bonne 10aine de chaleurs plus tard, je ressorts, suivi par Ludo et quelques autres. Certains comme Maxime sont sortis plus tôt, mais d'autres ont posé.

Enfin remis en selle, je cravache pour recoller. La balise suivante est en face ouest derrière Luchon. J'ai un peu remonté quand je la tourne. Raccrochage derrière Super-Bagnère, en deux fois avec passage sous le vent de la brise pour trouver le bon thermique qui me rammène au plaf. Puis une balise au Lac d'Oo, magnifique, avant la rentrée sur Val Louron, avec petit passage "type canyoning" dans le val d'Isqueiri, chaud !
Enfin, rentrée au goal, je peux pousser le deuxième barreau pour la 1ère fois de la manche !
Temps total, 3h59, à 35mn de Pierre Remy, le vaiqueur du jour.

Demain, ils envisagent une manche de 104km... il va y avoir de la fatigue !

A demain !

Championnats de France, Val Louron, çà envoie !

Bon, la manche de ce lundi est ratée... mais j'ai des excuses !
Bien placé en milieu de manche, je suis en train de recoller, de retour de Super-Bagnère, quand patatras, mon Compeo me lâche, comme l'année dernière. Je le redémarre à plusieurs reprises, mais il refuse de rester allumé. Je connais le pb, il s'agit de la batterie et il n'y a rien à faire. Je n'ai pas de vario de secours, il va donc falloir naviguer au feeling, avec un oeil sur le GPS en mode altitude...

Or je suis à l'est du col de Peyresourde, un endroit difficile car lêché par la brise de Luchon. Je passe un temps fou à chercher le thermique assez resistant qui saura traverser la brise. Enfin, Arnaud Secher me montre le noyau et nous pouvons décaler doucement en direction du col, puis de la face sud, en face de nous. Là, nous trouvons un bon thermique sous le vent (combien, je ne sais pas, évidement...) et nous sommes sauvés... momentanément, comme la suite le montrera !
Ensuite, je m'accroche à la roue d'Arnaud en direction du Pic du Lion. La fin de la manche est un passage sur la station de Val Louron, un peu haut pour être "claqué" en direct.

Ma transition est moins bonne que celle d'Arnaud (pas d'optimisation possible, je paye là aussi l'absence de mon calculateur).
J'arrive avec le groupe qui tient sur un éperon un peu avant la balise. Je remonte un peu en soaring, puis je me jette dans la combe derrière pour claquer la balise. Mais mauvaise surprise, je suis trop court de 100m...
Retour à la case départ. 2h de soaring plus tard, je pose à l'attero, sans la dernière ballise :-(

Cà aurait été un bon feeling de boucler sans vario... mais bon, demain est un autre jour !

A vaincre sans peril...

Bon ben la compète est terminée, la dernière manche a finalement été annulée à cause du vent.
Du coup les positions restent les mêmes.
Je finis donc 8ème et obtiens ma qualification pour la super-finale !
Il reste quand même un petit goût d'inachevé, mais bon l'essentiel, c'est bien d'avoir rempli l'objectif de l'année.
Je vais pouvoir voler décontracté à partir de maintenant !

vendredi 19 juin 2009

PWC Annecy, après 3 manches, du très bon et du moins bon

Salut,

Aujourd'hui c'est "day off" pour cause d'orages (il paraît qu'il y a même une alerte meteo...).
C'est le moment de se poser un peu après trois journées "à fond à fond".

Dimanche dernier, j'avais eu de bonnes sensations lors de la manche annulée. Un petit point entre Français (nous sommes 30 + 2 filles, un record en Coupe du Monde !) me donnait le deuxième temps de la manche derrière Max Jeanpierre, plutôt rassurant.

Lundi annuation.

La première manche validée a donc été mardi, quelques aller-retours le long du lac, un peu comme l'hiver quandil y a un peu de convection en basse couche. Sauf que dès le start, un voile coupe l'activité thermique et nous survivons tant bien que mal tout au long d'un parcours dont lafin pose quasi tout le monde. Je parviens à faire un peu plus que le gros de la troupe et me hisse ainsi à la 11ème place. Yesss.
Seul un pilote, Peter FRAUENSCHUH, fait l'exploit d'arriver au but fixé à Doussard (il adû avoir chaud aux fesses sur le lac !

Mercredi, 2ème manche, le décollage se fait dans l'ordre du classement, je pars donc dans le "Top 20", ce qui me permet d'être au start assez tôt. Un premier faux départ (je me sens trop seul pour faire la course) puis je repars avec quelques pilotes (Nico Rieusset me servira de poisson pilote un bon moment, merci Nico !). La manche est pauvre tactiquement, en dehors du choix du start, et le placement est prépondérant. Je fais quelques erreurs en sous-estimant l'importance du vent de SO à plusieurs reprises, mais rien de grâve. Je rentre à Doussard en 1h19. Aljas écrase la manche avec 1h12. Maxime Bellemin, parti devant en estimant les "leading bonus" à leur juste valeur, se hisse à la 2ème place malgré son temps d'1h20. Demon côté, le compromis n'est pas mal car j'obtiens une bonne 7ème place... re-Yesss.

Jeudi, hier. Au matin, 7ème au classement général, j'ai du mal à rester serein... Je me fixe comme contrat d'assurer tout en rentrant bien placé. Si la course est "standard" je dois rentrer dans le gpe de tête pour faire 900, rien de plus.
Rapidement, je me rends compte que je ne suis pas dans le coup. Je ne monte pas très bien en thermique et plus grâve, je recommence à quitter mes thermiques un peu tôt, en tablant sur mes qualités de cheminement... dans mes objectifs 2010, il faudra à tout prix que je me rassure sur mes capacités à monter en toutes circonstances !
Au point dûr de la manche, St Jorioz, je colle à mon objectif de rentrer avec le groupe... je vais donc me "tanquer" avec le gros de la troupe au bien nommé Roc des Boeufs. Sortie pénible, mais je suis à nouveau dans le groupe au moment de la transition vers Planfait (pendant ce temps, Stephan Wiss, que je n'ai pas vu, a raccroché le Verrier et s'envole vers la victoire, écrasant au passage les points de ses adversaires...).
Moi je reste sur mon schémas de poursuite de ce que je crois être le groupe de tête, mais le raccrochage des Dents de Lanfont a raison de mes ambitions... décidément ce thermique, ce n'est pas mon fort... Evidement, je quitte à nouveau mon thermique un peu tôt, en direction du Parmelan, que je raccroche bien, grâce à un thermique qui me sauve la mise...
A nouveau dans la course pour rattraper quelques pilotes, je cravache en emmenant un groupe d'attardés derrière moi. Après la balise du Parmelan, j'évite le relief en cheminant sous une rue de nuages, mais au moment de franchir la vallée du Petit Bornand, je me "couillemollise" à cause d'une hypothétique rentrée de sud en basse couche et oblique à droite pour aller chercher un thermique à l'angle NE du Parmelan, que j'espère alimenté par les mêmes rentrées de sud.
J'entraîne une bonne partiedu groupe avec moi, Martin Bonis à mes côtés. Cà merche, mais nous voyons les autres foncer droit sur le trait et nous gratter 5 mn !!!
La fin de la manche est un plané accéléré et turbulent jusqu'au but, près de Bonneville.
Bilan, cata ! Je boucle en 2h08, loin des meilleurs, à cause d'une fébrilité et de manque de confiance dans mes choix, très probablement à cause de cette 7ème place à défendre.
Mais rebondissement à l'arrivée, Stephan Wiss, est arrivé tellement tôt que même le deuxième marque moins de 850 pts. Du coup, personne à part lui ne gagne énormément avec cette manche... et je ne perds qu'une place au général !

Demain, peut-être un dernière manche, soit à Annecy si le nord n'est pas fort, soit à Montlambert si il est plus présent.

J'essaierai de publier un petit message demain soir après cette dernière manche décisive pour mon objectifde la saison, la qualification pour la Super-Finale de la Coupe du Monde.

A demain

jeudi 11 juin 2009

PWC Annecy, J-2

Salut,

Une semaine de battement entre deux Coupes du Monde, c'est court !
Remarquez, entre les Pré-Européens et la Coupe du Monde turque j'avais eu 3 jours, alors...
La petite sinusite attrapée à Denizli en fin de semaine dernière semble commencer à me laisser tranquille, je vais pouvoir attaquer la semaine qui vient avec l'énergie requise pour un pareil événement : une Coupe du Monde chez nous, en France !!!

Le plateau est très relevé, plus encore qu'en Turquie. Presque tous les meilleurs mondiaux seront là.
Nous serons plus de 30 Français (un record ?) avec les avantages et les inconvénients de connaître le terrain de jeu.
On pense toujours aux avantages évidents (savoir où sont les déclenchements thermiques, connaître les écoulements, les plafonds habituels, les finesses de rentrée au goal etc...), mais on oublie les inconvénients (enfermement dans des schémas, des routines, manque d'analyse, d'ouverture d'esprit, position de favorit créant une pression psychologique, à laquelle il faut ajouter le plublic, les proches, les sponsors voire pour certains les medias, tous "nous attendent" forcément lors d'un tel événement...).

Bref, l'excitation que tous les pilotes français doivent ressentir comme moi à la veille de cet événement particulier, ne doit pas nous faire perdre de vue l'objectif que tout sportif doit avoir en tête :
faire de son mieux sans forcer son talent.

Samedi, je serai à la Forclaz pour un petit vol d'entraînement. Inscription le soir et première manche dimanche.

A suivre sur http://www.talloires2009.org/ ou www.paraglidingworldcup.org/

samedi 6 juin 2009

PWC Turquie, 5ème manche annulée

Hello,

Aujourd'hui, le nord annoncé faiblissant n'a pas daigné nous laisser jouer... Les organisateurs nous ont montés au déco du haut dans un premier temps, puis nous ont redescendus à celui du bas pour nous abriter de ce nord têtu.
Une manche de 64km est lancée. Je décolle assez tôt, car nous sommes appelés par ordre de classement sur ce déco trop petit pour tout le monde.
Bien m'en prend car je monte assez rapidement dans un thermique qui se révèle de plus en plus fort et tordu. Du thermique sous le vent typiques, trèèèèèès fort !!!
Les voiles sont tordues dans tous les sens, certains montent comme des balles avec la voile fermée ! Je m'accroche et tiens ma voile dans ces conditions limites, accompagné dans la grappe par Jean-Marc et Charles, que je vois eux aussi se faire tordre !
Au dessus, de 2400m, çà se calme, le thermique s'élargit et nous monte encore de 400m. Mais là la manche est annulée. Ceux qui ont décollé après nous se font encore plus chahuter. Le déco est allimenté par derrière... ce n'est pas raisonnable, sage décision.

Du coup je m'éloigne en plaine, puis je décide d'enrouler à nouveau car la masse d'air me semble saine loin du relief. Une Mac part en direction de la dernièrre balise, un décollage de l'autre côté de la vallée. Devinez quoi ? Il est orienté... nord !
Jacques, la Mac, une Niviuk et moi faisons cette balise sans difficulté. J'arrive avec Jacques un peu plus haut, ce qui me permet d'aller checher plus haut sur l'arrête au dessus du déco, et PAN ! Un +6/+7 nous y attend, que nous enroulons tous les deux sur la tranche, un régal comme rârement j'en ai eu !

Re-plaf à 2900 et feu vers l'atterro qui est à finesse 10. Nous sommes contrés par un NE à 15km/h, mais çà porte pendant un moment, finesse vers 12-13. Puis vers 2400, retour dans la masse d'air "moin s cool". Le flux est canalisé en NNE, puis N dans les basses couches, aucun espoir d'être aidé par une brise vaincue par le météo... Il va falloir la jouer fine.

Jacques et moi avons fait le trou, mais nous risquons de fait de faire "un trou" ! Une carrière à l'ouest de Denizli nous sauve avec un +3 qui nous remonte à nouveau à 2800. La finesse requise au goal est maintenant de 5-6. Cà semble raisonnable de penser qu'on rentrera, malgré ce nord à 20km/h.
Et bien que néni ! A nouveau, le passage dans la basse couche nous plombe, finesse 3 accéléré à 60km/h, çà calme !!!
Jacques optimise et rentre avec une laisse de chien plus large que la miennne. Moi je finis à 1km de l'hôtel. Petite marche à pied et me voici !

Bon c'est l'heure des bilans de cette semaine. Du bon et du moins bon pour moi.

Le bon :
- les trois premiers jours, j'ai volé "à ma main", mieux que l'année dernière car je n'ai pas cherché à prouver quoi que ce soit. Quand j'ai commis des erreurs, je n'ai pas perdu la tête. Tout juste une petite tendance persistante à quitter les thermiques un peu tôt.

Le moins bon :
- Le quatrième jour, retour de "l'ancien Yann", je suis rapidement frustré par mes moindres erreurs, je reste longtemps figé sur mes choix tactiques, je manque d'analyse et de souplesse dans mes raisonnements... Pô bien !

Mon classement final est équivalent à mes bonnes étapes de PWC de l'année dernière, mais la manière est bien meilleure : je suis régulier. Je boucle tous les jours, entre 2' et 21' du premier.

La qualif pour la Super-Finale m'échappe pour cette fois, de peu.

Rendez-vous à Annecy dans 8 jours, çà va envoyer du bois !!!

vendredi 5 juin 2009

PWC Turquie, 4ème manche, pas dans le coup...

Hi all !
Dégouté, aujourd'hui j'ai mal volé. Je n'y étais pas...
La manche était une ballade en bordure de plateau avec une longue promenade en plaine, le tout avec des plafs vers 2200 et du vent de NE très présent au dessus de 1700m, mais sensible en bas sous forme d'un mélange avec la brise, donnant en moyenne un NO en basses couches.
Ce petit point météo est important, car c'est la masse d'air qui m'a le plus gêné aujourd'hui... à moins que ce ne soit mon énervement en l'air, à voir...
Bref, après une grosse chaleur après le déco (Eric et moi ne touchons un thermique que très loin et très bas devant le déco du bas), je fais un premier plaf vers 1500, altitude de la couche d'inversion qui bloqie plus ou moins le NE. Deuxième thermique en compagnie de ce qui sera le deuxième groupe.
Le premier groupe est bien placé au nuage, nous aussi, mais 3km derrière.
Je ne m'énerve pas car les conditions sont très difficiles avec ce vent de NE et les confluences un peu "bizares" peuvent faire de grosses différences. Donc du placement, du placement et rien que duu placement. Une ligne de cums en arc de cercle, typique d'une conflu, m'attire sur ma droite. Je quitte mon groupe avec une U4 et une Mac orange (toujours le même gars depuis le début de la compète, faudrait que je l'identifie un jour celui-là !). Bonne option au début, car nous montons au nuage sans trop enrouler et çà porte bien... jusqu'au bleu qui nous attend ensuite !
Du coup je décide de me replacer sur ma gauche et je me retrouve à l'arrière du deuxième groupe, j'ai donc un peu perdu dans mon option... Pendant ce temps, l'U4 continue le chemin "au large" et y gagne pas mal en altitu de, mais en perdant du temps... pas mieux ?
Je croise le groupe de tête à 4km de B1 et je les trouve bien bas et bien énervés... Moi aussi d'ailleur, car 8km de retard, çà ne me plaît pas du tout (orgueil quand tu nous tient).
Je rejoins les derniers du deuxième groupe sur la B1, où un thermique faible nous attend. Je n'enroule pas et décide de me remettre en chasse sur le retour.

Mauvais quart d'heure :
Le retour est une sale séance de toboggan sur des vagues descendantes de NE bien pourri. Je pousse le 2ème barreau et j'ai 4 à 6 de finesse malgré mes 60km/h GPS... décidément quelle masse d'air de M...
Enfin un thermique digne de ce nom, je l'enroule et obtiens un honnête +2. Tout à coup je croise le noyau... énorme ! Ma voile est littéralement jetée en attaque oblique à l'extérieur. Je la retiens en hallucinant ! C'est quoi ce bins ? J'insiste et retrouve le thermique, mais pas le noyau... grrrr
D'autres voiles semblent bien monter pas loin, deuxième barreau et je les rejoins. C'est le thermique que le groupe de tête a enroulé tout à l'heure avant de tirer dans la plaine. Yesss.
Plaf avec Franck Perring en ligne de mire au dessus, qui fignole. Je quitte le thermique un peu plus bas pour lui emboiter le pas vers la plaine. Ce sera une erreur...
La transition sur la plaine est pas mal au début, mais en repassant sous l'inversion des 1700, çà se met à dégueuler. Finesse 8 en étant poussé ! "Faut pas pousser" :-(
Arrivée de l'autre côté de la plaine en queue de peloton de chasse (je n'arrive décidément pas à remonter mon retard !). J'enroule pas mal. Des pilotes me rejoignent, dont un gars en proto Swing rouge qui m'a impressionné les jours précédents, autant en plané qu'en thermique. Ce sera un bon lièvre...

La suite vers B3 est ma meilleurs branche du circuit. Je navigue à ma main, en choisissant de m'arrêter, de changer de ligne ou bien de flotter. Le gars en Swing et moi sommes les meilleurs de notre groupe.
Arrivée au relief, je trouve un thermique à l'écart du groupe, qui me décale gentiment vers la balise. Je claque B3 dans mon dernier tour de thermique et me retrouve bien placé, juste derrière les deux meilleurs de mon groupe.

La branche vers B4 est face au vent, NO en bas, NE en haut. Il faut avancer et se placer, devant le groupe de tête est au nuage au dessus du plateau et semble déjà filer vers le plané final. Le deuxième groupe est toujours en avance sur nous, mais seulement d'un thermique 1km devant nous au dessus d'une combe.
On raccroche aussi, le thermique est tordu mais je senns que j'ai enfin le bon rythme. Problème, je le quitte encore un peu tôt en pensant que j'ai raccroché la conflu. Mais je vise trop à droite et je la perd :-(
Viscosité mentale ou trop têtu ? Je garde ma ligne, puis accepte d'obliquer à gauche, mais de 45° seulement... (en plus, j'au déjà fait cette erreur plus tôt dans la manche...) Bref, la Boom6 qui était à ma gauche 50m plus haut et qui raccroche la conflu, se retrouve 500m plus haut un ppeu plus loin ! Quand je réagis et me replace vraiment, il est trop tard, le trou est fait.
Je pousse encore fort dans une dégueulante de NE et çà remonte sous le nuage suivant. Je freine la voile sans tourner, car le goal n'est maintenant plus qu'à 9,5 de finesse (en passant par B4 et B5). J'avance ainsi en essayant d'attraper les thermiques sous les deux nuages qui sont sur ma route. Cà ne marche pas terrible et la finesse requise augmente... grrrrrrrrrrr...
Je tourne B4 et je'attaque la dernière branche avec le vent au portant. Le sol défile vite, je suis de plus en plus bas... il va falloir enrouler !
Enfin un petit thermique me permet de gagner 300m, je repars avec finesse 6 pour la B5. Au début, çà remonte encore !!!! Je vise les calcaires de Pamukkale qui me barrent l'accès à B5. Yes, çà porte bien. Je claque B5 et fais 1/2 tour vers la ligne. Cà passe, un peu bas quand même !

Bilan, 3h55, à 23mn du 1er => à la ramasse complet !

Mais demain est un autre jour !!!

mardi 2 juin 2009

PWC Turquie, 3ème manche, ouf !!!

Hello !
J'ai frisé la correctionnelle aujourd'hui ! La manche annoncée est une course sur les reliefs de 111km dans le sens du vent.
On nous prédit une manche facile. En fait je décolle tôt et je comprends assez vite qu'il n'en sera rien... je n'arrive pas à passer l'inversion de 2000m !
Je bataille un moment, sans me rendre compte sur le coup que je commets l'erreur de papilloner d'un thermique à l'autre au lieu d'essayer de garder un +0,5 qui serait peut-être salvateur. L'heure entière dédiée au start passe ainsi et je me retrouve à l'heure du départ à 2km du cylindre et à 1500m, c'est à dire sous le déco !!!
Cà commence donc très mal et nous sommes une 20aine dans cette situation. Tout le monde décide quand même d'avancer vers le start. Certains s'écartent du relief et semblent s'enfoncer sur le plateau. J'enroule tout ce que je trouve car le sol n'est qu'à 100m... Le soleil, qui s'était caché derrière de vilains cirrus, revient. J'enroule enfin un +2. Une partie de la meute qui a fait le start repasse par ce thermique. Le groupe de tête n'a même pas besoin de s'y arrêter, 500m plus haut, on doit avoir un autre point de vue sur la situation ;-)
Je passe la satanée inversion des 2000, je me fixe alors un plancher pour mon vol, ce sera 1900 et je suis généreux !
La masse d'air s'améliore et je commence à choisir mes thermiques. Devant, 100 pilotes me balisent les thermiques, mais 70 d'entre eux sont à au moins 6km de moi, donc sans intérêt pour mon placement immédiat.
Je fais mon premier vrai plaf peu avant de revenir au décollage (B2), c'est un bon 2700.
Cà y est, je me sens en selle. Je jette un oeil à la distance au goal : 100km, j'ai le temps, pas besoin de s'affoler.
Jusqu'à B3, une balise en plaine un peu délicate, je tente d'utiliser au mieux mes régimes de vitesse et mon placement, çà marche, je recolle le 3ème groupe au nuage avant la transition vers la plaine.
Bonne ligne, je claque la balise entre le 3ème et le 2ème groupe. Je crois reconnaitre Nico à l'arrière de ce groupe. le raccrochage est un peu moins bon, j'enroule un +2/+3, mais le groupe m'échappe, ils semblent plus efficaces.
A nouveau au plaf en route vers B4, une ville à 20km au sud, je me mets à cheval sur une conflu géniale, un peu décalé à gauche de la ligne du 2ème groupe. Cette fois je les recolle un peu avant de partir en plaine vers B4.
J'ai en vue le groupe de tête qui a déjà claqué B4 et semble opter à nouveau pour le chemin le plus court vers le relief. Il y a un coup à jouer car les thermiques sont faibles mais nombreux. J'aime ce genre de situations de poursuite ou il faut rebondir de groupe en groupe. Cà marche encore. Urban, qui reviens de je ne sais où, semble lui aussi motivé par ce genre de saute mouton... mais par le bas ! Je le laisse jouer, mais garde un oeil sur lui au cas où il sorte un gros thermique.
Russel est à mes côtés avec un proto de R10. Le plané a l'air équivalent à la R09 entre 40 et 60km/h, mais il semble moins se faire chahuter dans les turbulences, à suivre...
Le groupe de tête semble accélérer d'un cran, il est vrai que les thermiques ne manquent pas et que les options de chemminements sont nombreuses : au large, plus près du relief, collé au relief, et puis différents choix d'altitude possibles.
Je tire mon épingle du jeu en rebondissant à distance intermédiaire du relief, dans de très bons varios, mais rendus violents par le vent qui est plus fort ici. L'axe du vent est à 45° par rapport au relief et nous pousse vers l'avant, ce qui rend la chose encore plus technique. Urban est toujours en vue devant et plus bas, ce gars-là a une sacré confiance, d'autant que je sens que l'étage bas est très risqué du fait des thermiques moins forts et lêchants.
J'ai bien fait de garder un oeil sur lui car un peu plus loin, il sort un bon thermique. Je fonce sur lui et j'arrive à sa hauteur pour faire avec lui les deux derniers tours. Devant, le groupe de tête semble irrattrapable. Tant pis, car il faut maintenant assurer ses plafs et en sortit un bon dernier sur l'un des derniers promontoirs, avant le glide sur la plaine.
Dernier passage à niveau au bout du relief. Avec Urban, nous rejoignons Jacques, Didier, Eric et quelques autres qui cherchent à prendre un peu de gain avant de se jeter.
L'ombre arrive et menace de couper la convection. Du coup le groupe fuit en direction du goal, départ finesse 11. Cà me semble presque suicidaire ! J'y vais quand même, car il je vois une Niviuk plus loin et plus bas en plaine qui semble flotter dans le lit du vent. Jacques n'y croit pas et ne nous suit pas.
Urban emmène le groupe sur le trait, négligeant la dégueulante qu'il prend dès le début... Il passera la ligne avec 20m mais derrière lui, Eric et Didier ne passeront pas.
Moi je sens le coup foireux et je décide d'obliquer à 60° à droite pour changer de ligne et me rapprocher du lit du vent en milieu de vallée. Cà dégueule aussi, mais le groupe d'Urban encore pîre !
Ma finesse requise augmente dangeureusement vers 12 ! Je m'entends parler à voix haute, comme celà m'arrive parfois quand tout va mal : "là les gars, on est dans la merde !"
Mais un peu plus loin, çà porte, je freine la voile, je zérote quelques instants en ligne droite, puis descends un tout petit peu (finesse >25).
Encore une minute et la finesse requise descend à 9, puis rapidement à 7 !
Yesss, je pousse le deuxième barreau. Je rentre avec 100m.

Temps total : 3h47. Le premier, Aljas, fait 3h35. Jean-Marc 3h40, Steph Loisy juste derrière et Nico et moi sommes à peu près ensemble.

Au final, content d'avoir bien remonté, mais évidement moins d'avoir à ce point manqué le start !
Demain, il semble que le vent nous oblige à rester sous la couette... c'est pas de refus.

lundi 1 juin 2009

PWC Turquie, 2ème manche, yesss !

Aujourd'hui deuxième manche de l'étape turque.
Le parcours est une course au relief, suivie d'une trèeeeees longue partie en plaine face au vent... Comme hier, la sortie du déco est prépondérante (des Top Guns comme Aljas Valic ou Steph Drouin en font les frais et posent direct !).
De mon côté je m'en sors bien et je suis placé près du cylindre à 3600m, au bord d'attaque d'un beau nuage. Le début de manche se passe bien, je chemine et n'hésite pas à faire un petit tour de temps en temps pour toujours laisser quelques furieux devant. Le placement est prépondérant et à ce petit jeu Urban, jusque là en retard, fait un bon coup et nous rejoins vers B1.
La B2 est une formalité et nous sommes environ 50 au départ de la plaine. Deux options, suivre le trait ou cheminer plus au nord. Je choisis la deuxième option et je me colle à un bon groupe qui contourne l'ostacle de la plaine par le nord.

A partir de là et malgré ce bon chois, c'est quand même la galère. Nous progressons très lentement, avec parfois 4 de finesse au deuxième barreau... il doit y avoir 15-20 de vent de face. Heureusement, le groupe est bon (Charles, Eric Olivier, Jacques, Torsten Siegel et d'autres...) et les thermiques trouvés çà et là par l'un ou l'autre, nous permettent de progresser. Il faut être très attentif car 5 secondes de retard à l'allumage et c'est 50m de perdu sur les autres, voire un noyau raté !
Il nous faut peut-être une heure pour avancer ainsi suffisament pour envisager de faire la dernière balise, avec des plafonds plus faibles (souvent 2500).
Pendant ce temps, le groupe "du trait" qui semblait mieux sortir au début de la plaine, semble en difficulté. Je les perds de vue.
Enfin, à 5km de la balise, une petite confluence nous permet d'enquiller la balise avec enfin des vitesses acceptables, 40km/h dans du "zéro". Là je vois arriver Jean-Marc, qui a réussi je ne sais comment à combler son retard et qui me passe en cheminant mieux ! Nous sommes donc un petit groupe d'une 15aine à la dernière balise, que nous passons à finesse 11,3 du goal.

Demi-tour, puis évaluation du plané final, à 15km du goal... Après quelques secondes d'observation de mon plané, je pense que c'est possible en direct. Gestion du plané entre bras hauts et 1er barreau.
A 5km du goal, après 10km de plané aux alentours de 10-11 de finesse, je n'en mêne pas large et je vois deux ou trois voiles qui thermiquent plus bas à 500m sur la gauche de notre route. J'opte donc pour un petit détour, tout comme la plupart d'entre nous. Je rebondis sans enrouler, puis direction le goal avec une finesse requise qui descend enfin sous les 10... Je pousse le premier barreau, ce qui me permet de dépasser Jean-Marc, :-) Le cylindre des points temps de 1km est enfin passé, je relâche et je passe la ligne avec moins de 100m. Yesss !

Au final, une 9ème place aujourd'hui et 971pts, à 2 minutes de Charles, qui "masterise" la manche. C'est mérité car il a presque toujours été dominant. J'ai 2mn de retard, très content, mais il faut que garder la tête froide, car c'est loin d'être fini...

Allez, au dodo.

dimanche 31 mai 2009

PWC Turquie, 1ère manche, mouais



Salut !
Aujourd'hui première manche de la compétition.
Le circuit consiste en un petit zig zag devant le déco, puis un aller retour à 30km au NE.
Je décolle assez tôt et monte au plaf en 20mn. 3200m c'est haut ! Cà me change de l'entraînement d'hier, pendant lequel je n'ai pas pu monter plus haut que le déco !!!
Un gros nuage nous barre le passage vers le cylindre de start. Avec Elisa, nous le contournons pour ne pas risquer de se faire happer. Du coup nous sommes un peu bas au moment du start, 2500m.
14h10, la course est lancée et je chemine en me replaçant et en jouant entre 40 et 60km/h pour optimiser. Cà marche plutôt bien et je me retrouve en tête du deuxième groupe au bout de la crête, en compagnie de Jean-Marc Caron, Aljas et Urban Valic et quelques autres. L'effet de groupe joue et, même si nous cherchons du regard d'éventuels pilotes chanceux qui monteraient, nous n'en voyons pas. Après la manche, Didier nous expliquera que 200m derrière nous çà sortait !!!
Bref, nous avançons vers la balise en plaine. Jean-Jean trouve une bonne ligne sur la gauche, je lui emboite le pas. Nous tournons la balise. Jean-Jean tire alors tout droit vers le relief à gauche. Moi j'aperçois quelques pilotes qui commencent à sortir à droite, je décide de les rejoindre.
Là erreur, car en fait ils ne sortent pas vraiment. Nous nous retrouvons à une 15aine de pilotes à survivre vers 1100m, pour gagner 100m en 15mn (Vario moyen : 0,1m/s) !!! Grosse chaleur, mais enfin le thermique s'affirme et je sors dans les premiers, emmené par Aljas, le meilleur du lot. Fin du thermique vers 1900m et cap vers le relief ou nous retrouvons un bon +3 qui nous ramène dans la bonne zone.
Ensuite, cavalcade pour rattraper un peu du retard, je ne traine pas et optimise mes lignes en minimisant mon nombre de tours dans les thermiques.
Cà paye et je me retrouve à 3200 à finesse 6 du goal. Début de la rentrée au goal. Nous craignons d'être contrés sur la fin du glide, par la brise d'Ouest qui saute au dessus du plateau. Aljas est à mes côté. Nous sommes les deux meilleurs de notre groupe. Mais il me dépose littéralement en poussant au delà de 65km/h alors que je plafonne à 60. Fin du glide, la finesse requise n'est plus que de 5, je relâche les trims des C centraux, 5km/h de gagnés, je rentre avec 600m de gaz.
J'en profite pour essayer une nouvelle technique de descente : les C3. Cà tord la voile en bannane et c'est plutôt plaisant, reste à vérifier le taux de chute effectif...
Le survol des ruines antiques et des formations calcaires sont de toute beauté sous le soleil qui descend sur Pamukale.
Bilan des courses, 52ème et 780pts, en 2h22, à 17mn du premier, Micky Von Vatcher. Steph Drouin est 6ème, Eric Olivier 12ème.
Promis, je ferai mieux demain !!!

vendredi 29 mai 2009

PWC Turquie, Denizli, premier entrainement demain



Salut à tous,

Aujourd'hui pas d'entrainement pour cause d'activité aérienne militaire prévue... Du coup les organisateurs se sont très vite adaptés et nous ont proposé une cérémonie d'ouvertur avancée à aujourd'hui.
Défilé dans les rues de Denizli, chaque délégation derrière un enfant de la ville portant le drapeau du pays. Les Français, nous somme nombreux (17 ?).
Maintenant il va falloir défendre les couleurs !!!

lundi 25 mai 2009

Pré-Européens, 3ème manche : 60km avec 30km/h de vent !

Cette dernière manche restera dans ma mémoire comme mon vol le plus venté depuis que j'ai appris à voler !
Persuadé qu'il faudra bien choisir son start, je décolle dans les premiers et j'attrape un bon thermique assez rapidement. Il faut l'enrouler sur la tranche et se replace constament, le vent annoncé à 30km/h est bien là, surtout au dessus de 2000m.
Premier départ dans les premiers pour aller voir le start face au vent (seule branche face, et heureusement...). Cà porte pas trop mal, mais rien à enrouler près du start. Repli sur la crête à ma gauche, qui me servira tout à l'heure après mon vrai start (aujourd'hui c'est temps-mini). Là il y a des thermiques mons puissants qu'au déco, donc qui décalent bcp... attention au piège !
Reour au déco, j'enroule pour la deuxième fis jusqu'en haut et je pars cette fois pour de vrai, en compagnie d'Elisa et de Nico. Quand un thermique passe, on a 40km/h de face ! Ma Mantra plane mieux que tout ce qui est autour de moi, j'obtiens 4 de finesse au premier barreau.
1,5km effectués, je claque le start ! Ouf ! Ensuite retour à la crête repérée tout à l'heure, montée plus difficile, mais transition possible vent de travers, vers la B1. Arrivée en dessous, puis çà remonte toujours avec Elisa et Nico.
Ensuite, on part vent arrière à 60km/h bras hauts, voire 70 par moments, et c'est moin d'être calme !
La B2 est claquée grâce à un thermique trouvé en route qui nous décale au dessus de la crête.
Puis début d'un saute-mouton tendu, avec l'objectif de ne pas descendre dans la stabilité vue sous B1 en deçà de 1800m... Mais c'est râté, je descends vers l'étage du thermo-dynamique... la suite est une longue survie entre 1300 et 1500, en cheminant tant bien que mal pour me rapprocher du goal et terminer hors délai à 15km de la ligne... Grrrrrr

Cette fin de semaine marque aussi l'heure du bilan de cette étape Autrichienne...
3 points à retenir de cette première compète internationnale de l'année :
1) J'ai volé à ma main, sans pêter les plombs, en tout cas pas de façon irréversible, bien.
2) J'ai volé vite, capable de rester aux avants postes en conditions standart, bien.
3) J'ai du mal par vent fort et thermiques faibles, mais ce n'est pas catastrophique.

Prochaine étape, Coupe du Monde en Turquie. J'y serai jeudi soir. Entrainement vendredi avec Charles, Didier et les autres...

Le site de la compète : http://www.xcdenizli.com/
et celui de la Coupe du Monde : http://www.paraglidingworldcup.org/results